Les 5 pays qui montent en Europe pour l’expatriation fiscale selon le cabinet Valmerand

Bien que l’expatriation fiscale puisse être plébiscitée par des profils très fortunés, elle tend également à se développer auprès des entrepreneurs se développant et des personnes souhaitant optimiser leur fiscalité tout en vivant dans un cadre agréable. Plusieurs pays s’avèrent particulièrement attractifs en Europe pour l’expatriation. Le cabinet Valmerand, considéré comme l’un des meilleurs cabinets spécialisés dans l’expatriation, livre le détail de 5 pays actuellement en vogue en Europe pour optimiser sa fiscalité et son cadre de vie.

La fiscalité de l’expatriation est une notion qui peut être inflammable sur le plan politique, mais elle est devenue, pour une partie croissante des entrepreneurs et des investisseurs, un paramètre de gestion patrimoniale parmi d’autres, au même titre que la sécurité juridique, l’accès aux services bancaires, la qualité des infrastructures ou le coût de la vie.

Dans la pratique, l’expatriation fiscale ne se résume pas à “changer d’adresse”. Elle suppose de déplacer, de manière cohérente et documentée, son centre de vie (logement, habitudes, famille, activité, gestion des actifs…).

Comme le précise Charles Delker, l’un des associés du cabinet Valmerand, « Nos clients sont de plus en plus à la recherche de solutions globales. Ils cherchent à la fois à optimiser leur cadre de vie, leur fiscalité, leur activité, la transmission et leur quotidien. L’expatriation, lorsqu’elle est bien préparée, permet de maximiser son confort de vie et ses finances, ce qui en fait une démarche très intéressante, très « game changer » ».

Suisse : la stabilité, et l’ingénierie du forfait fiscal

La Suisse reste un pays de référence dès qu’il est question d’expatriation fiscale en Europe occidentale. Sa force tient moins à une promesse de fiscalité “faible” qu’à une combinaison rare : stabilité politique, prévisibilité administrative, haut niveau de services, et, pour certains profils, la possibilité d’une imposition au forfait (lump-sum taxation) fondée sur les dépenses plutôt que sur le revenu mondial. Le montant annuel du forfait fiscal suisse débute généralement à 200 000 Francs Suisses.

Au niveau fédéral, l’administration rappelle que l’impôt est calculé sur la base des dépenses annuelles de train de vie, avec des planchers et une règle de comparaison pour éviter que la charge soit inférieure à celle issue de certains éléments de revenus et de fortune en Suisse.

Dans les faits, l’attractivité suisse se concentre sur des profils disposant de revenus et d’actifs majoritairement situés hors du pays et recherchant une relation fiscale lisible, encadrée, négociée dans des limites légales. En contrepartie, le coût d’installation est élevé, les contraintes immobilières diffèrent fortement selon les cantons, et la gestion des liens conservés avec l’État de départ (biens immobiliers, mandats sociaux, présence familiale) reste déterminante.

Chypre : l’un des meilleurs pays en Europe grâce notamment à son régime non-dom, à manier avec méthode

Chypre s’est installée dans le paysage de l’expatriation fiscale grâce à un couple devenu classique : une règle de résidence simple (avec un minimum de présence de 60 jours par an à Chypre, sous conditions) et un mécanisme “non-dom” qui neutralise certaines impositions sur les revenus financiers.

« La mécanique est simple sur le papier, mais la résidence ne se plaide pas : elle se prouve », résume Charles Delker du cabinet Valmerand, en insistant sur la discipline documentaire (jours, logement, fonctions, attaches…).

Sur le volet “non-dom”, le principe est l’absence d’imposition sur certains revenus (dividendes, intérêts…), pour les expatriés.

Le point clé : une “résidence à 60 jours” n’est pas un passe-droit. Elle exige une cohérence d’ensemble (absence de résidence ailleurs, logement permanent, activité ou mandat local selon les cas) et une documentation adaptée, surtout si l’État de départ dispose d’une doctrine offensive sur le centre des intérêts vitaux.

Italie : le forfait fiscal (“flat tax”) des néo-résidents, plus cher mais toujours lisible

L’Italie a bâti un outil devenu emblématique : le régime des néo-résidents (art. 24-bis TUIR), qui permet, sous conditions, de substituer à l’imposition ordinaire des revenus étrangers une imposta sostitutiva forfaitaire. C’est ce que l’on appelle le forfait fiscal italien.

Évolution notable : le montant a été relevé à 300 000 euros par an depuis le 1er janvier 2026.

C’est un régime qui parle à une clientèle internationale à hauts revenus, dirigeants, investisseurs, familles patrimoniales… souvent prête à “payer pour la certitude”, en échange d’un cadre de résidence européen attractif (infrastructures, éducation, hubs internationaux). Mais l’Italie n’est pas un low-tax country : les revenus de source italienne restent soumis au droit commun, et la structuration patrimoniale (notamment la séparation entre revenus italiens et étrangers) doit être conçue en amont. Les couts de procédure pour l’expatriation au forfait fiscal sont par ailleurs assez élevés.

Andorre : fiscalité plafonnée et simplicité dans un cadre sécurisé

Andorre s’est imposée, notamment auprès de profils entrepreneuriaux et d’investisseurs mobiles, grâce à une fiscalité lisible et plafonnée. Un taux maximum d’IRPF (impôt sur le revenu) à 10 %, avec une progressivité limitée (0 % jusqu’à 24 000 euros, puis 5 % jusqu’à 40 000 euros, puis 10 % au-delà) comme le rappel la MoraBanc.

La compétitivité se joue aussi côté entreprises : le pays est régulièrement classé parmi les juridictions européennes à taux d’impôt sur les sociétés modéré, avec un taux de 10 %.

Mais l’équation andorrane est moins “fiscale” qu’administrative et pratique : exigences de résidence effectives, gestion de la vie quotidienne, logistique bancaire, scolarité, et compatibilité avec une activité réellement internationale. Dans un contexte où les administrations contestent de plus en plus les résidences “de papier”, l’atout d’Andorre tient justement à la simplicité… à condition d’avoir une présence et une organisation de vie cohérentes.

Malte : remittance basis et arbitrage fin des flux

Malte reste un cas à part, car son attractivité repose surtout sur une logique de remittance basis pour les résidents non domiciliés : les revenus étrangers ne sont imposés que s’ils sont remittés (rapatriés) à Malte, tandis que les plus-values étrangères sont généralement non imposables, y compris lorsqu’elles sont transférées.

La résidence fiscale, elle, obéit à des critères de présence (souvent résumés par le seuil de 183 jours) et à une appréciation de l’intention d’établissement.

Dans une stratégie d’expatriation fiscale, Malte se prête donc moins à une logique “je change de pays, tout baisse”, qu’à un travail d’ingénierie des flux : quels revenus, quels comptes, quels transferts, quels calendriers, et quelle traçabilité des mouvements. Malte est une juridiction attractive mais exigeante et rarement compatible avec l’improvisation.

Ce que ces destinations ont en commun : la fin de l’expatriation “simple”

Le fil conducteur de ces places attractives n’est pas la promesse d’une fiscalité attractive sans efforts. Les procédures d’expatriation sont en effet devenues de plus en plus techniques. Le point positif est toutefois qu’en maitrisant tous les aspects procéduraux, fiscaux et légaux il est possible de profiter d’avantages très importants dans le cadre d’une expatriation bien menée.

Une maitrise fine des conditions de départ est également importante (exit tax le cas échéant, documentation du départ, démarches correctement effectuées des deux côtés, présence, gouvernance d’entreprise, mandats, vie personnelle…).

Au final, les destinations les plus recherchées ne sont pas seulement celles où l’impôt est plus bas, ce sont celles où l’expatriation fiscale peut être défendue et justifiée face à une banque, un notaire ou une administration, avec des faits, des documents, et une organisation de vie cohérente.