La notation de produit analysée par l’Autorité de la concurrence

Analyser les systèmes de notation en matière de développement durable

L’autorité de la concurrence a annoncé jeudi dernier vouloir analyser les systèmes de notation de produits, notamment concernant l’information aux consommateurs en matière de développement durable. Cette institution s’est autosaisie pour avis et vise à étudier la manière dont l’information que fournissent les systèmes de notation est susceptible d’orienter les décisions d’achat des consommateurs.

Ces systèmes de notation, qui se développent de plus en plus au travers d’applications numériques, sont destinés à aider les citoyens dans leurs choix de consommation. Ils visent notamment à regrouper différentes informations sur le produit comme sa composition, sa qualité nutritionnelle ou encore son impact sur l’environnement.

Promouvoir une consommation responsable

En réponse à la demande croissante des consommateurs souhaitant adopter des modes de vie plus responsables, ces applications veulent répondre à un besoin d’information fiable et objective sur les différents produits disponibles sur le marché. Le but étant de promouvoir une consommation plus éthique et respectueuse de l’environnement et de la santé des consommateurs.

De nombreux systèmes de notation ont donc vu le jour au cours des dernières années, avec des méthodologies et des critères d’évaluation variés, ce qui peut rendre leur comparaison complexe pour les utilisateurs. Cependant, force est de constater que toutes ces applications ne se valent pas et qu’il est parfois difficile de s’y retrouver.

Des critères d’évaluation variés

Nutri-Score, Yuka, QuelCosmetic…autant d’applications qui visent à comparer les caractéristiques des produits achetés. Les outils se sont multipliés et sont nombreux à cibler un créneau particulier pour satisfaire une demande spécifique et informer le consommateur sur l’impact écologique, social ou sanitaire d’un produit.

Ces évaluations prennent en compte différentes dimensions telles que la santé (qualité nutritionnelle, présence de pesticides…), l’environnement (empreinte carbone, biodiversité…), mais aussi des aspects sociaux (conditions de travail, respect des droits humains…) ou encore économiques (prix, accessibilité…). La diversité des informations apportées par ces applications peut rendre leur compréhension plus difficile pour les consommateurs.

Développer un cadre réglementaire cohérent

L’Autorité de la concurrence souhaite donc se pencher sur cette question afin de mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre dans la notation de produits et évaluer si ces systèmes de notation peuvent générer des distorsions de concurrence ou induire les consommateurs en erreur.

Pour ce faire, elle fera appel à diverses sources d’information telles que des études scientifiques, des enquêtes auprès des consommateurs, des entretiens avec les acteurs du marché et des analyses économiques. L’objectif sera de déterminer s’il est nécessaire d’établir un cadre réglementaire spécifique pour les systèmes de notation de produits.

Il est en effet important que ces applications respectent certaines règles éthiques et ne soient pas soumises à des conflits d’intérêts, afin de garantir une information juste et transparente aux consommateurs. L’Autorité de la concurrence espère ainsi contribuer à assurer une meilleure compréhension du marché par le citoyen et promouvoir une consommation responsable et durable.

Des pistes envisagées pour l’avenir

Dans le futur, on peut imaginer qu’une harmonisation des critères de notation et une régulation plus stricte pourraient permettre de renforcer la crédibilité de ces applications auprès des consommateurs. Il pourrait également appartenir à l’État de mettre en place des normes minimales de qualité pour les systèmes de notation, voire même de créer un dispositif unique et officiel.

Contactée, l’Autorité de la concurrence n’a pas encore précisé la durée de cette enquête, mais nul doute que ce sujet de la notation des produits continuera à alimenter les débats dans les mois et années à venir.

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Fabien Sacré

Fabien Sacré